balmeyer's

voir ce que ça va döner (kebab)

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  • La rose

    • 27 Sep 2011
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    Montrouge-20110927-00212

    E. prend en photo la rose surprise. Après des mois d'effort, nous avions abandonné la réanimation du rosier. C'est là qu'il a décidé de fleurir...

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  • Toi qui es entré ici...

    • 2 Sep 2011
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    Chers amis égarés ici, dans les méandres de la plateforme Posterous, je vous informe que je reviens aux origines de mon monde, et que la suite de mon blogage tranquille continuera ici, là où tout cela avait commencé : http://www.balmeyer.net

    La raison est que, techniquement, blogger est mieux fait, avec moins de bugs, et une interface plus limpide. On pouvait répondre ici aux commentaires par email, mais je ne répondais pas aux commentaires, de toute façon je n'en avais pas, puisque je ne publiais pas de notes.

    Les raisons qui m'avaient poussé à venir ici, dans un outil plus "léger" (on publie en envoyant un email) ont disparu. Je n'écris pas tous les jours, comme prévu. Je n'écris pas plus "simplement", ou plus "décontracté", plus "dépouillé", comme prévu. Je dis toujours beaucoup de "comme" suivis de métaphores exagérées, employant abusivement des mots tels que "cosmos", "néant", "monde" à propos de pas grand chose, pas comme prévu. J'ai toujours besoin de faire tarabiscoté, et grandiloquent.

    Donc, la queue entre les jambes, je reviens piteux, là-bas, avec cette impression d'écrire toujours le même billet, mais espacé de plusieurs jours afin que cela ne se voit pas. Si vous m'aimez comme je m'aime, suivez-moi là-bas comme je me suis suivi, là-bas.

    Je voudrais remercier au passage ma mère qui m'a mis au monde, et tous les chats de l'univers qui attendent leur gamelle, car je suis leur semblable, leur frère, et tel eux, j'attends la gamelle du dimanche de la Vie. Amen.
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  • Le voyage de Raymond Domenech

    • 11 Mar 2011
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    Le pouvoir d'absorption du téléphone portable est tel que, survolant au matin le boulevard de Grenelle tout lumineux depuis un métro aérien, je n’avais absolument pas remarqué la présence de Raymond Domenech, en face de moi, depuis une vingtaine de minutes. Entrant dans la rame, j’étais venu vite m’accrocher à la barre pour m’oublier dans le petit terminal amusant, comme tant de gens le font. Je les, enfin, je nous surnomme les “Homo Sapiens Smartphonus”, créatures en pleine spéciation, le cou horizontal, les pouces protubérants et agiles, un sonar naissant sur l’occiput afin de se mouvoir, regard en dedans, parmi les obstacles animés.

    J’étais là, donc, à scruter cette petite république intérieure d’amis imaginaires quand je levai les yeux pour toiser avec satisfaction les passagers véritables. Il y avait, parmi la grappe de compagnons de barre dont j’étais un fruit, cet individu, Raymond Domenech, les cheveux gris, avec l’air édifiant de l’homme qui se rend quelque part, pour y faire quelque chose. Encore distrait par mes lectures microscopiques, je mis quelques secondes à constater que ce personnage tellement en survêtement, avec des sourcils à la Domenech, était bien le Raymond Domenech, ancien sélectionneur de l’Equipe de France de Football. Dehors, sous mes pieds, Grenelle défilait, avec son évidente force de réforme faite boulevard.

    Surpris, j’eus le réflexe de crier à tue-tête: “Mais c’est Raymond Domenech ! De la Coupe du Monde ! Ray, celui qui s’est fait traiter dans le vestiaire ! ” mais, conscient du ridicule que la situation engendrerait, je m’en m'abstins. Les autres voyageurs, sans doute aussi délicats ou embarrassés que moi, regardaient placidement dans tous les sens, qui dans leur journaux gratuits, qui dans leur Alchimiste de Paul Coelho. Raymond Domenech, quant à lui, participait à cet étonnant spectacle tout en retenu et non-dit, avec doigté, sans doute rompu aux usages d’être Raymond Domenech. Avec aplomb, mais réserve, il regardait droit devant lui, mais pas trop, juste comme il faut, une expression de douce normalité, voire de bonhomme banalité fixée sur le visage. C’était comme s’il s'intéressait aux affiches d’un "Printemps des Poètes" à venir, avec des vers qu’auraient pu écrire Nicolas Anelka, par exemple.

    Je me remémorais alors l’année précédente, et le tapage universel engendré par cet usager des transports en commun, certainement en règle, avec son ticket convenablement composté. A la Radio, dans les journaux, dans le monde entier de la télévision et de l’opinion, on avait pu honnir tel un roi cet homme là, avec sa main, une main avec des poils, et des gros doigts de plombier, sa main pour s’aider d’une barre en fer à ne pas choir du fait des soubresauts. Les inconnus autour, presqu’une foule, étaient techniquement en mesure de lyncher - enfin ! - ce fameux chantre détesté de la France qui perd. Mais pourtant, il ne se passa rien. La foule était confuse. Raymond Domenech, intégralement, se tenait là, comme s’il avait rendu, par sa simple présence, tout doux ce peuple déraisonnable.

    A l’heure d’agir comme la France me l’enjoignait, je fus pris d’empathie. Je me dis que j’aurais pu lui casser la gueule, on m’aurait peut-être absous, qui sait, mais peut-être qu’on m’aurait surtout traité de malade et qu’on aurait cajolé Raymond Domenech, lui, ce personnage connu, notable de notre société spectaculaire. On lui aurait dit : “Excusez-le, il a perdu le sens de la mesure, ce jeune homme.” Alors, j’eus soudain envie de le prendre dans les bras, de lui dire au contraire : “Pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font !”, lui, Raymond Domenech, en survêtement... j’aurais ajouté : “Entre nous, quelle bonne farce ce monde depuis des milliers d’années ! Et on va tous mourir.” Il aurait acquiescé en silence, sombre, avec ses sombres sourcils.

    Comme je travaillais non loin de la Fédération Française de Football, je pressentis qu’il allait descendre en même temps que moi, pour se rendre au bureau, à son bureau de Football. Cette prophétie se réalisa tout à fait, un peu à la mesure de la légende de Raymond Domenech. Traversant la rue, Raymond Domenech, intact, normal, vivant, sourcilleux, se perdit parmi la foule, disparut de l’évidence nue de mon présent, où il ne se passait rien de stupéfiant, pour regagner sa place en douceur dans le baroque théâtre des souvenirs.

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  • Un gorille

    • 17 Feb 2011
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    J'ai rêvé d'un grand gorille, au milieu des herbes hautes. Il tenait dans ses bras un minuscule nourrisson. Le contraste était saisissant, et dans le rêve, nous trouvions cet alarmant spectacle assez beau : le primate immense, au poil noir, l'enfant minuscule, pâle et blond, portant juste une couche blanche. 

    Le gorille avait volé l'enfant à la femme implorante, à côté de moi. Celle-ci tentait de négocier avec le gorille, inquiète mais attendrie par l’ambivalence de la bête, qui protégeait l'enfant dérobé, farouchement. A côté du gorille se tenait un chimpanzé, qui agitait ses bras déraisonnables. Le chimpanzé réclamait l'enfant, un peu pour lui, un peu pour nous le rendre. Il avait clairement la fonction d'intermédiaire, comme coincé entre deux espèces. Le chimpanzé ne savait pas s'il fallait laisser le bébé à son gros congénère, ou nous le restituer, ou le garder pour lui ; il était l'image même de l'indétermination. Quant à moi, je n'avais pas de fonction précise, je devais certainement le privilège de ma présence au fait d'être l'hôte du rêve, car j'étais un peu dans cette fantaisie en touriste, sans lien réel avec cette mère en tenue de safari et les créatures agitées.

    Soudain, le gorille disparut. Nous n'étions pas inquiets, mais le gorille réapparu avec l'enfant inerte et ensanglanté. Le petit être semblait avoir été aspiré tel un pamplemousse. Le gorille était indéchiffrable, il paraissant calme mais ombrageux, vaguement conscient de sa grosse bêtise, comme le chien ayant fait pipi dans le canapé. L'enfant flapi pendouillait entre les mains immenses du quadrumane, épluchure rouge de fruit consommé. Il n'y avait pas de tristesse, mais une consternation générale, une grande déception : le gorille n'était pas si mignon que ça, en fait. Je m'assis brièvement dans l'herbe haute, pour méditer sur le fâcheux incident, sachant qu'il serait vain d'y trouver une quelconque morale. Ils avaient tous disparus, alors, seul restait l’atmosphère jaunie d'une savane imprécise. Peut-on faire confiance aux gorilles ? Ce n'était pas utile, cette réflexion, dans la vie véritable, on ne faisait pas confiance aux gorilles, évidemment. Et tandis que tout s'achevait, qu'une sorte de nuit d'éveil imminent tombait sur ce paysage lointain, j'en arrivais à la conclusion que je faisais un rêve vraiment singulier.
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  • John Zorn - Hazor

    • 22 Jan 2011
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  • Quand les mamies dominaient le monde

    • 20 Jan 2011
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    Le syndic d'immeuble est catégorique : il ne faut pas d'étiquette sur la boite aux lettres avec le nom de l'Association, afin de recevoir le courrier. Subséquemment, une petite mamy passe tous les jours pour arracher l'étiquette de l'Association, que nous collons. 

    Ma compagne, constatant cela, est allée voir le syndic de l'immeuble. Il y avait peut-être une exposition temporaire de dentiers, je ne sais pas, j'invente. Ma compagne demande : mais comment peut-on recevoir le courrier de l'Association qui nous est adressé ? On lui répond : mais non. Il ne faut pas d'étiquette sur les boites aux lettres. La raison est que, évidement, il n'en faut pas, parce qu'on ne doit pas en mettre. Les mamies autour, murmurent : ah ben oui, ah ben non, toutafé, il n'en faut pas des étiquettes, patati patata. Et donc, une mamy assermentée par le syndic d'immeuble se charge de la décoller, tous les jours, s'il le faut, les étiquettes.

    Mamies, une canicule est si vite arrivée.

    C'est quand même très important, insiste ma compagne, si c'est par exemple l'URSSAF ou les impôts ou la Gendarmerie ou Daxon qui envoie un courrier ? Mais la mamy en charge du syndic refuse, au nom de la non-présence d'étiquette sur la boite aux lettres, car c'est la règle. A ce moment, ma compagne met une bonne droite dans la bouche de la mamy, mais non j'invente encore.

    Je dis alors à mon épouse : on a qu'à préparer une trentaine d'étiquettes, comme ça, on est tranquille pendant trente jours ? Tous les matins, je veux bien la remplacer, comme ça on reçoit bien les lettres de menace de l'URSSAF. Mais la mamy du syndic, membre de la "Milice des Mamies" (ou la Mamy-lice), pourrait se mettre en colère, et nous de devenir très mal vus. Quand je pense qu'on voit partout dans ce monde terrible des mamies toutes craintives, comme des mammifères à la fin du Crétacé, terrorisées par les petits jeunes, pourquoi la vie est si mal faite et que nous sommes, nous, contrairement au reste de l'univers, sous la coupe d'un gang de mamies omnipotentes ? On va quand même pas monter une milice de jeunes pour faire West Side Story dans le parc, contre les mamies qui claquent des doigts ?

    Soudain, la mamy propose une solution à ma compagne, pour sortir de ce labyrinthe : il faut faire un changement d'adresse à la Poste. Le changement d'adresse, qui fait que la poste vous réexpédie votre courrier, comme quand vous déménagez. Elle lui explique : un changement d'adresse, mais vers la même adresse, mais avec - nuance - le terme "chez Balmeyer" indiqué, pour que le courrier vous arrive, et cela sans mettre une étiquette sur la boite aux lettres. Oui, un changement d'adresse à la Poste de l'adresse 1 vers l'adresse 1, et nickel, pas d'étiquette. Les mamies. Quand les mamies dominaient le monde. A l'époque du Mamirassique. Mamirassik park.

    Un jour viendra, comme la à la fin du Permien, il y aura la canicule globale, et le monde sera un vaste désert de désolation, et Dieu se dressera tout puissant dans l'espace pour le jugement dernier, et Dieu, plus fort que l'espace, le temps et l'URSSAF, Il raclera les mamies de son petit grattoir vengeur !
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  • Statut mélancolique de star du Jazz

    • 18 Jan 2011
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    Un petit mot (ou plutôt un commentaire) pour mettre en lien l'excellent billet de Dorham sur Joe Henderson. 

    J'y trouve une belle évocation du musicien de jazz vieillissant, avec ce mélancolique statut de "star du jazz", atteint toujours trop tard. Ce billet résonne avec mes écoutes du week-end ; j'ai en effet passé en revue sur YouTube une tripotée de versions de "Night in Tunisia", et vu son auteur, Dizzy Gillespie, à différentes époques de sa vie.

    On le voit, sur le même standard célèbre, traverser le temps, les modes, partant du Be-Bop pour passer par le style veste rayée très seventies, les joues toujours énormes, la trompette tordue, l'air enthousiaste d'une Dorothée reprenant pour la quarantième-millième fois "Monsieur l'Ordinateur". Sur une version prise à Cuba, avec Arturo Sandoval, ses cheveux sont blancs, et comme le Miles que Dorham décrit, il ne joue pratiquement rien, tandis que devant, Arturo Sandoval exhibe, à mon humble avis, de la non-musique virtuose façon branlette. 

    Dans une autre version, il se produit avec d'obscurs musiciens suédois coiffés au mulet comme des joueurs de foot de la RDA, ou des stagiaires chez Derrick. Vidéo après vidéo, Dizzy, inamovible, vieillissant, égrainant pendant des décennies le fameux thème-tube, a cet air de réussite précaire, un peu désabusé, un peu amusé, et bien son billet dit tout ça très bien, et moi je dois filer.
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  • A Night in Tunisia

    • 16 Jan 2011
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  • Bartek

    • 15 Jan 2011
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  • Un bon copain

    • 14 Jan 2011
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    Mon fils n'a pas de copain. Du moins, jusqu'à ce jeudi. Zach, dans la cour, préfère jouer dans son coin. Les autres font du bruit, se donnent des coups, hurlent, ça l'a l'air de l’embarrasser. Les autres s'arrachent leurs chapeaux, leurs bonnets, lui, il préfère garder son bonnet sur sa tête. Pourquoi ils font ça. Ca l'embête ces gens qui enlèvent les bonnets brutalement, comme si c'était l'été par exemple. Zach est contemplatif. Il aime bien regarder les fourmis, les coccinelles. Ses camarades aussi, mais ils aiment bien les écrabouiller à la fin, pourquoi ils font ça.

    Nous sommes parfois contraints de faire de la propagande pro-copain : "Mais c'est super les copains ! On joue avec, et tout". Je dois forcer le trait, car moi-même misanthrope, ours, je ne le comprends que trop, d'où le problème. Il nous écoute peu convaincu, il n'a pas l'air si triste, mais un peu ennuyé, il subit les autres avec philosophie. Il est bien, comme ça, tout seul, il nous dit qu'il s'amuse bien avec lui même. Pour son anniversaire, il ne veut inviter personne chez lui, même pas des figurants, calmés aux médicaments. Parfois, le soir nous lui demandons, l'air de ne pas y toucher s'il s'est bien amusé avec ses copains, et goûtant notre ton préoccupé, notre air sombre et attentionné (et même si par ailleurs il s'est vraiment amusé comme un fou avec ses camarades de classe ) il prend l'air mélancolique et nous dit, cabotin : "non, je n'ai pas de copain aujourd'hui", puis fait son visage de bambi.

    Mais soudain, Zach a un copain. Cela s'est passé jeudi. Avec le copain, il a pu partager un grand point commun, l'amour des Zhu Zhu Pets, ces mignons hamsters-jouets qui font des bruits débiles. Enfin, c'est surtout le point commun de Zach, car visiblement le copain ne connait rien des Zhu Zhu pets. Mais ça sert à ça, un copain ça fait confiance, ça comble les lacunes des points pas encore communs, en anticipation. Tous les deux sont convaincus de l'importance de ces jouets. Quand je viens chercher Zach, il faut ramener le copain à la maison, tout de suite. Et le copain veut venir tout de suite, aussi, pour voir les jouets, et le chat. Il est d'accord. Ils ont de grands projets. Il faut organiser immédiatement un anniversaire, juste pour y inviter le copain. Il faut partir en vacances avec le copain, pour lui montrer la mer. Dans le couloir de l'école, Zach me présente au copain, et il présente au copain son père. Il me dit d'expliquer au copain qu'il a un Zhu Zhu Pet à la maison. Et un chat. J'explique. Il confirme en expliquant à son tour : "j'ai un Zhu Zhu Pet à la maison, et un chat !" Zach fait des promesses : demain, il emmènera son Zhu Zhu Pet pour lui montrer. Demain, ils joueront dans la cour. Ils feront un chateau, une ferme, un élevage avec des milliers de Hamsters. Demain, le copain viendra à la maison, même si ce n'est pas trop possible. Vivement demain !

    En rentrant, d'habitude Zach traîne, on dirait un de ces aspirateurs des grands magasins, qui glissent lentement, pachydermes indolents pour aspirer le carrelage ; il fait comme ça d'habitude, il rentre de l'école fatigué comme s'il aspirait les murs, le trottoir. Là, Zach marche prestement, le coeur léger, je dois presque courir pour le suivre. Il parle vivement. Il me dit qu'il défend son copain contre ceux qui arrachent des bonnets, et que son copain le défend contre ceux qui arrachent les chapeaux. Il faudrait arriver tôt, pas en retard, pour voir le copain, lui montrer le Zhu Zhu Pet que je me trimbalerai ensuite dans la poche, jusqu'au soir. Vivement demain !! C'est un copain, un copain certes pas de trente ans, mais un copain de deux heures, un vrai copain, un bon copain. Vivement demain !
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    "Tentez de vous tenir à cette tâche : essayez de ne pas penser à un ours polaire, et vous verrez que cette maudite bête vous reviendra à l'esprit chaque minute…"
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